Et me voila, seule, dans la chambre qui t'accueillait quelques heures plus tôt, à repenser à l'être pathétique que je devais être tout à l'heure lorsque tu m'as dit au revoir. Appuyée contre le muret de la maison de mes grands parents, le souffle coupé, la gorge serrée, pleine de larmes retenues. Tu es monté dans ta voiture, tu as fermé la portière et tourné la clé. Puis j'ai entendue Broken, et je me suis pris une cinquantaine d'épines tranchantes dans le c½ur. Je t'ai regardé t'éloigner de moi. Et comme si la nature décidait tout à coup d'être clémente, j'ai ressenti une légère brise sur ma peau et sur mon visage, un sentiment de fraicheur qui m'a forcé à penser "ne craque pas maitenant, au beau milieu de la rue, devant ces gens qui n'ont pas à savoir que son départ te blesse au plus profond de ton âme". J'ai donc tant bien que mal réussi à controler les tremblements de mes jambes qui semblaient vouloir céder et s'écraser violemment à terre. J'ai fermé les yeux quelques secondes, le temps de reprendre une respiration correcte. Puis j'ai tourné les talons et je me suis redirigé vers la porte d'entrée que l'on a franchi tous les deux quelques jours de cela. Mais plus rien n'est pareil quand tu n'es plus là. J'ai couru me réfugier dans les bras de ma mamie. C'est trop lourd à supporter. Je suis ensuite montée dans la chambre du haut, celle où je me trouve actuellement, je me suis allongée sur le lit et me suis laissée aller. J'ai pleurée ton départ, ton absence et le manque soudain que tu m'as laissé. J'ai pleurée notre complicité qui ne fera plus parti de mon quotidien pendant une vingtaine de jours à compter de celui-ci. J'ai pleurée les bons moments que l'on a passé ensemble, et qui s'éloignent de moi de plus en plus rapidement. Je n'arrive même plus à contrôler mes souvenirs, tout se mélange et cet amalgame d'images et de mots forment un tout qui me rend quelque peu nostalgique. Tu m'as fait ressentir tellement d'émotions à la chaine que j'ai du mal à croire qu'une semaine seulement se soit écoulée. Deux dizaines de minutes que tu m'as quitté et le monde semble se refermer sur moi, et il n'y a aucune échappatoire. Tu es parti. Parti. Tout est mille fois trop grand pour moi maintenant que tu n'es plus là pour occuper mon espace. La seule raison de mon désespoir est que toi seul m'est vital. Qu'importe le nombre de mètre carré de la pièce dans laquelle je me trouve, si tu n'es pas là j'étoufferais inévitablement. Le seul endroit me convenant est l'espace que constituent tes deux bras qui se placent de part et d'autre de mon corps. J'ai besoin que tu me serres contre toi encore et encore, et que tu ne me laisses jamais partir, je m'y sens si bien. Après une semaine idyllique avec toi, je suis obligée de me rendre à l'évidence : je serais toujours obligée de te regarder partir, sans jamais avoir le droit de protester ou de dire « reste avec moi, je t'en supplie ne me quitte pas, tu es tout ce que je veux, tout ce dont j'ai besoin. Regarde moi dans les yeux, embrasse moi, dis moi que tout va bien et que tu es encore avec moi ». Pourquoi faut-il toujours que les bonnes choses aient une fin ? J'ai pris toutes tes expressions, toutes tes mimiques, tu es à présent une partie de moi. Je sais ce que veux dire fat, gavé, stop flood, que haute doit se prononcer comme Paul et que je t'aime ne veut pas forcément dire « j'ai de forts sentiments pour toi ». Je sais qu'une ka à 150 déploie ses ailes, que chanter avec toi est quelque chose que j'adore, et que ton estomac est surdéveloppé. J'ai appris tellement de toi et pourtant rien de me rebute, tout ce qui se rapporte de prés ou de loin à toi me fascine et me captive, tu es probablement la seule personne qui me fait cet effet de constante perfection. Je continuerais d'écrire lorsque j'aurais retrouvé plus de forces, il faut à présent que je me fasse à l'idée que tu as quitté la maison. Dur dur. Gros bade. Avant de cesser de taper sur mon clavier, je tiens à te dire une nouvelle fois merci, d'être autant adorable avec tous les membres de ma famille, de m'apporter tout ce que je ne quémande pas, d'être aussi attentionné et compréhensif, de me prendre dans tes bras lorsque tu sens que je ne vais pas bien, de me faire rire. Merci. Vraiment. Je suis chaque jour un peu plus amoureuse de toi, et je ne regretterais jamais de t'accorder tout mon amour les yeux fermés. Tu mérites tout ceci, même plus. Et pour finir, sache que je respecterais notre accord. On s'est serré la main, n'oublis pas.